CHU Henri MONDOR
Service UROLOGIE
Tel: 01 01 01 01 01
Prendre rendez-vous
Notre chaine Youtube
Facebook du service
Intranet
Voir le profil d'Urologie Mondor sur LinkedIn

rendez vous en ligne
 
Modifié le : 12 Février, 2016
Par: Prof. Alexandre de la Taille
Accueil » Recherche » Recherche clinique » Cancer de prostate » PCA3

MARQUEURS URINAIRES DU CANCER DE LA PROSTATE PCA3, TMPRSS2:ERG, AMACR, LOH, GSTP1 : 
QUELLES INDICATIONS ?

Pr Alexandre de la Taille, Chef de Service, Directeur équipe INSERM et Co-Investigateur pour le test PCA3 en Europe

A. de la TailleLa détection du cancer de la prostate reste un challenge par la spécificité insuffisante du PSA lorsqu’il est entre 1 et 3 fois la normale, pour sélectionner les patients ayant un cancer de la prostate et devant avoir des biopsies prostatiques. La recherche de nouveaux marqueurs est donc essentielle.
Aller rechercher dans les urines des cellules tumorales ‘poussées’ dans l’urèthre prostatique par un toucher rectal appuyé (figure 1) est un concept qui s’affirme grâce à l’évolution des techniques de biologie moléculaire permettant de détecter de très faible quantité de marqueurs spécifiques du cancer.

Détection d’anomalies de l’ADN tumoral

L’ADN tumoral peut présenter des pertes d’hétérozygotie ou des hyperméthylations. Chez 99 patients ayant un PSA entre 4 et 10ng/ml, Thuret montre que la détection de perte d’hétérozygotie dans l’ADN des cellules recueillies après massage prostatique permet une meilleure appréciation du risque de cancer avec une sensibilité de 86% et une spécificité de 44% [Thuret, Br J Cancer 2005]. Une autre approche est la détection de méthylation de certains gènes à partir du même procédé : la présence d’une hyperméthylation du gène GSTP1 est plus fréquence en cas de cancer [Roupret, Clin Can Res 2007].

Détection d’ARNm de gènes surexprimés en cas de cancer : cas de PCA3

Alors que les détections d’anomalies de l’ADN tumoral restent encore dans le domaine de la recherche, la détection du produit de gènes surexprimés dans les cellules tumorales s’ouvre actuellement vers la clinique. Le produit du gène PCA3 [Bussemarker Cancer Res 1999] fait actuellement l’objet d’un développement commercial. L’expression de PCA3 est 60 à 100 fois plus élevée dans les cellules tumorales. En normalisant l’expression de ce gène à l’expression du gène du PSA spécifique des cellules prostatiques, le score PCA3 permet de prédire le risque de biopsies positives : aussi bien dans l’étude américaine que dans l’étude européenne [Marks, Urology 2007, Haese-de la Taille, Euro Urol 2008], le score PCA3 supérieur à 35 est associé à un risque de biopsies positives de 39% alors que si le score est inférieur à 35, le risque n’est que de 22%. Le résultat n’est pas rendu en tant que paramètre binaire mais sous forme de score : plus ce score est élevé, plus le risque de cancer est élevé : au dessus de 100, un patient sur 2 a un cancer alors que si il est inférieur à 10, le risque n’est que de 12% (Figure 2). De façon encore plus intéressante, l’analyse de l’agressivité du cancer montre que plus de score est élevé, plus le cancer est agressif [Nakanishi, ASCO 2007, # 354]. Cela rend donc le test 2 fois plus important car plus le résultat est élevé, plus le risque de cancer et le risque de diagnostiquer un cancer agressif sont élevés. Dans ces cas, les biopsies doivent être réalisées jusqu’à trouver ce cancer. Au contraire, un taux bas indique un risque plus faible associé à un risque de cancer moins agressif. En France, ce test est disponible dans 2 laboratoires Biomnis (www.biomnis.com) à Ivry sur Seine et Pasteur Cerba à Cergy (www.pasteur-cerba.com). Une consultation chez l’urologue est nécessaire afin de valider l’indication du test et de réaliser le toucher rectal. Attention, il n’y a pas pour le moment de remboursement pour ce test dont le coût est de 300 euros.
D’autres marqueurs urinaires sont en cours d’évaluation tels que TMPRSS2:ERG, GOLPH2, SPINK1, AMACR, TFF3 et ERG [Laxman Cancer Res 2008]. De façon individuelle, ces marqueurs sont supérieurs au PSA ou équivalent au score PCA3 mais il est possible d’associer le résultat de plusieurs marqueurs afin d’améliorer les spécificités. Actuellement, ces tests restent dans le domaine de la recherche.

En conclusion

Il existe un développement de la recherche de biomarqueurs urinaires favorisé par des techniques de détection plus fine et plus spécifique. Aujourd’hui, le score PCA3 est le premier à être commercialisé. Ses indications sont les patients ayant un PSA élevé ou progressant mais ayant déjà eu une première série de biopsies négatives. Son utilisation pour la sélection de patients pouvant être candidat à une surveillance active, reste à évaluer.


Figure 1 : les cellules prostatiques normales et tumorales sont poussées vers l’urèthre et éliminées dans les premières urines. L’analyse de gènes spécifiques du cancer peut alors être réalisée (ici, l’exemple du gène PCA3).


Figure 2 : corrélation entre le risque de biopsies positives et le score du test PCA3 (données de l’étude européenne PCA3)

Service d'urologie
Chef de service : Alexandre de la Taille
51 Av. du Ml. de Lattre de Tassigny 94010 Créteil France
Tél. : +33(0)1 49 81 25 51