date
de création: 02/06/2004
Suivi après
prostatectomie radicale
Laurent SALOMON
Le
but de la prostatectomie
radicale est d’assurer le meilleur contrôle carcinologique
tout en préservant la continence et si possible la puissance
sexuelle.
Le suivi post-opératoire après l’intervention, de
la même façon, tient au soucis de faire la part égale
à la prise en charge du suivi carcinologique, du recouvrement
de la continence d’une part, des érections d’autre
part.
Suivi
carcinologique
L’étude anatomopathologique de la pièce opératoire
fournit ces éléments pronostiques :
- Le stade pathologique (classification TNM 2002) décrit l’étendue
de la tumeur, sa localisation au sein de la prostate, son caractère
intra ou extra prostatique, et un éventuel envahissement des
vésicules séminales.
- Les marges d’exérèse reflètent la qualité
de l’exérèse réalisée. Il existe d’étroites
intrications entre le stade pathologique et l’état des
marges d’exérèse : plus la tumeur est extra prostatique,
plus le risque de marges d’exérèse positive est
élevé.
- Le score de Gleason est le reflet de la différenciation et
de l’aggressivité tumorale. Il s’étend de
de 2 à 10. Plus le score de Gleason est élevé,
plus la tumeur est indifférenciée.
Le suivi carcinologique est fondé sur le taux de PSA pot-opératoire
; après chirurgie, il doit être inférieur à
0,2 ng/ml. Il est important que ces dosages soit réalisé
dans le même laboratoire d’analyse biologique parce qu’il
existe des variations de mesure entre les différents laboratoires.
En fonction de l’évolutivité de ce taux de PSA et
des résultats de l’examen anatomopathologique de la pièce
opératoire (stade pathologique, statut des marges d’exérèse,
score de Gleason) peut être décidé un traitement
complémentaire adjuvant radiothérapique, hormonal ou chimiothérapique.
Après traitement, la surveillance reposera toujours sur le taux
de PSA, reflet du contrôle carcinologique.
La
continence
La continence post-opératoire se rétablit progressivement
après chirurgie : la préservation du sphincter urinaire,
la durée de sondage, l’âge du patient sont les facteurs
influençant le retour de la continence.
La réalisation de séances de rééducation
sphinctérienne préopératoire est également
un facteur important pour le rétablissement de la continence.
Elle permet l’établissement d’une relation patient-kinésithérapeute,
la reconnaissance du contrôle sphinctérien et si nécessaire
une rééducation sphinctérienne post-opératoire
plus facile et plus directe.
Après chirurgie, le retour de la continence est variable, la
continence pouvant être acquise d’emblée comme pouvant
nécessiter plusieurs mois avant de se rétablir.
En moyenne, la période d’un mois est la période
après laquelle apparaissent les signes francs d’amélioration.
Les troubles de la continence sont avant tout d’origine sphinctérienne
mais peuvent être également d’origine vésicale
: ils s’expriment avant tout par des fuites urinaires, lors des
efforts minimes ou importants, mais également par des impétuosités
avec fuite. La continence nocturne est la première à apparaître.
Les troubles de la continence peuvent nécessiter le port de protection
et régresser jusqu’à un an après l’intervention.
Outre la kinésithérapie post-opératoire, si les
troubles persistent, il peut être envisagé la mise en place
d’un sphincter artificiel. D’autres alternatives sont actuellement
développées dans le service comme la greffe
de cellules sphinctériennes, mais ces travaux menés
par le Docteur René Yiou sont
encore du domaine de la recherche.
Puissance sexuelle
De nombreux facteurs ont été mis en évidence dans
le retour de la puissance sexuelle :
- L’état des érections avant l’intervention.
Il paraît évident que chez les patients ne présentant
pas d’érections avant l’intervention, celles-ci ont
peu de chances de réapparaître après chirurgie.
- L’âge du patient influence également le retour
des érections. Un patient âgé de moins de 65 ans
retrouvera plus facilement ses érections qu’un patient
plus âgé.
- La préservation des bandelettes neuromusculaires est le facteur
peropératoire le plus important. Dans les bandelettes qui cheminent
de chaque côté de la prostate, circulent des nerfs impliqués
dans la physiologie de l’érection. La préservation
de ces bandelettes ne doit pas faire diminuer la qualité de l’exérèse
chirurgicale et doit être envisager en fonction des données
préopératoires (examen clinique, taux de PSA préopératoire,
résultats des biopsies prostatiques, bilan radiologique) et des
données peropératoires (facilité de préservation,
adhérences…).
Le phénomène d’érection est un phénomène
complexe, sous le contrôle de facteurs psychologiques, neurologiques,
vasculaires et hormonaux. L’injection intraveineuse de prostaglandines
permet de provoquer artificiellement des érections. Il a été
démontré que la réalisation de telles injections
à faible dose outre le côté psychologique en permettant
la poursuite des rapports sexuels, permettait également l’oxygénation
des tissus érectiles et favorisait le retour des érections
naturelles.
En pratique, la prise en
charge des troubles de l’érection s’effectue
de la façon suivante :
- Réalisation d’injection bi hebdomadaire de prostaglandine
intracaverneuse à faible dose, pour maintenir la fonction érectile,
en moyenne pendant 3 à 6 mois, date à laquelle commencent
à réapparaître les érections naturelles.
- Poursuite des injections intracaverneuses en association avec des
drogues pro érectiles par voie orale, pour renforcer la qualité
des érections naturelles pendant 6 à 12 mois.
- Arrêt des injections intracaverneuses et poursuite des médicaments
par voie orale jusqu’à ce que la qualité des érections
naturelles devienne satisfaisante pour obtenir des rapports sexuels
sans médication.
Les érections peuvent revenir jusqu’à deux ans après
l’intervention. Cette durée plus longue que pour la continence
est due en particulier à la régénérescence
lente des fibres nerveuse.
Prise
en charge des patients
Une méthode originale a été développée
dans le service pour évaluer les résultats de la prostatectomie
radicale.
En effet, il a été démontré que la méthode
des autoquestionnaires remplis par les patients était la méthode
la plus objective pour évaluer les résultats fonctionnels.
Ces questionnaires sont effectivement remplis en l’absence de
toute influence médicale ou paramédicale. Ce suivi fonctionnel
doit être poursuivi au moins pendant 2 ans, délai où
la continsse est fixée et où peuvent encore réapparaître
les érections. Ce suivi doit être également effectué
de manière prospective.
Au moment de la pré hospitalisation, sont remis au patient des
interrogatoires concernant sa continence et sa puissance sexuelle qu’il
devra remplir avant l’intervention et 1 mois, 3mois, 6 mois, 1
an et 2 ans après l’intervention. Ces interrogatoires sont
ensuite analysés par le Docteur
Laurent Salomon laurent.salomon@hmn.ap-hop-paris.fr.
De la même façon, le patient sera revu par son chirurgien
1 mois, 3 mois, 6 mois, un an, puis de façon semestrielle les
3premières années après chirurgie avec un taux
de PSA de contrôle. Au cours de ces consultations, le résultat
du taux de PSA ainsi que les éventuels traitements associés,
sont également transmis au Docteur
Laurent Salomon pour analyse.
Résumé
| Date |
Bilan
biologique |
Continence |
Erection |
Evaluation |
| Préopératoire |
|
Kinésithérapie
périnéale |
|
Pré-opératoire |
| Intervention
chirurgicale |
|
|
|
|
| 1
mois |
ECBU,
PSA |
Kinésithérapie
périnéale |
Injection
intracarverneuse |
Interrogatoire
1
mois |
| 3
mois |
PSA |
|
Injection
intracarverneuse |
Interrogatoire
3
mois |
| 6
mois |
PSA |
|
Injection
intracarverneuse
+
traitement oral |
Interrogatoire
6
mois |
| 1
an |
PSA |
|
Injection
intracarverneuse
+
traitement oral |
Interrogatoire
1
an |
| 18
mois |
PSA |
|
Traitement
oral |
Interrogatoire
18
mois |
| 2
ans |
PSA |
|
Traitement
oral |
Interrogatoire
2
ans |
| 30
mois |
PSA |
|
|
|
| 3
ans |
PSA |
|
|
|
| Suivi
annuel |
PSA |
|
|
|
Au
total
La prise en charge après prostatectomie radicale est triple :
contrôle carcinologique, retour de la continence et des érections.
Celle-ci s’effectue de manière plus « intensive »
pendant les 2 premières années après la chirurgie
puis devient semestrielle puis annuelle par la suite. Au sein du service
d’urologie, le principal interlocuteur reste le chirurgien qui
a pratiqué l’intervention mais d’autres interlocuteurs
peuvent intervenir comme le Dr Salomon qui est responsable de l’évaluation
des résultats et le Dr Yiou qui est chargé de la prise
en charge des troubles fonctionnels après prostatectomie radicale
Interrogatoire
Continence
Dans
la journée
Combien
de temps se passe en moyenne entre chaque fois où vous allez
uriner ?
-
Moins d’une heure
- De
une à deux heures
- Plus
de trois heures
Devez-vous
vous précipiter aux toilettes pour uriner à cause d’un
besoin pressant ?
- Jamais
-
Parfois (moins d’une fois par jour)
- Souvent
(plus d’une fois par jour)
- A
chaque fois
Dans
ce cas, pouvez-vous vous contenir jusqu’aux toilettes ?
- Toujours
- Le
plus souvent
- Parfois
- Jamais
Perdez-vous
les urines sans raison évidente et sans ressentir le besoin d’uriner
?
-
Jamais
-
Parfois (moins d’une fois par jour)
-
Souvent (plus d’une fois par jour)
-
A chaque fois
Est-ce
à l’occasion de ?
- Non,
je ne perds pas les urines
-
Effort intense (activité sportive, port de valise ...)
-
Effort modéré (monter les escaliers...)
-
Effort minime (toux, rire…)
Portez-vous
une protection dans vos sous-vêtements ?
- Jamais
- Par
précaution
- Par
nécessité
- Pas
plus d’une protection par nuit
- Plus
d’une protection par nuit
Durant
la nuit
Combien
de fois vous faut-il uriner la nuit ?
- Jamais
- Une
fois
- Deux
fois
-
Plus de trois fois
Perdez-vous
de l’urine pendant votre sommeil ?
- Jamais
- Parfois
(moins d’une fois par semaine)
- Souvent
(plus d’une fois par semaine)
- A
chaque fois
Utilisez-vous
des protections pendant la nuit ?
- Jamais
- Par
précaution
- Par
nécessité
- Pas
plus d’une protection par nuit
- Plus
d’une protection par nuit
Sexualité
Désirez-vous
avoir des rapports sexuels ? oui/non
Avez-vous
des rapports sexuels ? oui/non
Avez-vous
des érections ?
- Oui,
avec une rigidité normale
- Oui,
avec une rigidité réduite mais permettant les rapports
sexuels avec pénétration
- Oui,
avec une rigidité réduite, ne permettant pas les rapports
sexuels avec pénétration
- Non,
aucune érection
Amélioration
des troubles de la miction et de l’érection
Si
vous avez présenté des troubles urinaires à type
de perte d’urine, au bout de combien de temps après l’intervention
chirurgicale, avez-vous constaté une amélioration ?
Je
n’ai jamais eu de troubles urinaires
- 1
mois
- 3
mois
- 6
mois
- 1
an
- plus
de 1 an
- pas
d’amélioration
Si
vous avez présenté des troubles de l’érection,
au bout de combien de temps après l’intervention chirurgicale,
avez-vous constaté une amélioration?
- Je
n’ai jamais eu de troubles de l’érection
- 1
mois
- 3
mois
- 6
mois
- 1
an
- plus
de 1 an
- pas
d’amélioration
Qualité
de vie
Vous
venez d’expliquer comment vous urinez. Si vous deviez vivre le
restant de votre vie de cette manière, diriez-vous que vous seriez
:
- Très
satisfait
- Satisfait
- Plutôt
satisfait
- Partagé
(ni satisfait ni ennuyé)
- Plutôt
ennuyé
- Ennuyé
- Très
ennuyé
Vous
venez d’expliquer quelles étaient les conséquences
sur votre vie sexuelle. Si vous deviez vivre le restant de votre vie
de cette manière, diriez-vous que vous seriez :
- Très
satisfait
- Satisfait
- Plutôt
satisfait
- Partagé
(ni satisfait ni ennuyé)
- Plutôt
ennuyé
- Ennuyé
- Très
ennuyé
SUIVI
PSA (pdf)