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Modifié le : 12 Février, 2016
Par: Dr András HOZNEK

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Première chirurgie micro-percutanée (Microperc) en France

l’utilisation d’une aiguille « omni-voyante »  pour détruire les calculs du rein

 

Regardes en PETIT, vois en GRAND !

L’équipe chirurgicale du service d’Urologie du CHU Henri Mondor est la première en France à utiliser cette méthode.

C’est un véritable bond en avant pour la chirurgie des calculs du rein : une aiguille « omni-voyante » permet d’introduire une fibre laser dans les cavités rénales afin d’y pulvériser les calculs. On se croirait dans un film de science-fiction.  Sous nos yeux, fixés sur un écran vidéo, le calcul se transforme en une tempête de sable sous l’effet du laser. Le sable s’élimine par la suite par les voies naturelles, par l’uretère, le canal qui achemine l’urine provenant du rein vers la vessie.
« Quand le premier patient est remonté de salle de réveil dans sa chambre, les infirmières étaient incapables de trouver la cicatrice sur la peau ».

En quoi consiste la technique ?

Cette aiguille « omni-voyante » est le résultat d’une prouesse technique de la miniaturisation. Son diamètre est de 1,8 millimètre. Sous contrôle échographique, le site de ponction, (l’endroit où l’aiguille entre en contact avec la peau) des cavités rénales est d’abord sélectionné, puis la ponction se fait sous contrôle de la vue, à la fois sur l’écran de l’échographe, mais aussi sur l’écran de l’amplificateur d’image. On connecte ensuite un robinet à trois voies : la première pour le liquide d’irrigation, celle du milieu pour l’optique et la troisième pour la fibre laser. L’optique, de moins de 1 mm de diamètre a une résolution de 10.000 pixels. Le diamètre de la fibre laser est de 272µm.

« Evidemment, il faut de la patience. Pour faire disparaître un calcul de 15mm de diamètre à l’aide du laser, nous avons mis une heure. Mais le temps passé valait le coup : le patient n’a eu aucune douleur post-opératoire et il est sorti de l’hôpital le lendemain. Probablement, dans l’avenir, nous allons pouvoir utiliser cette technique en chirurgie ambulatoire, dans des cas soigneusement sélectionnés ».

Dans quel contexte s’inscrit cette nouvelle technique ?

Il ne s’agit pas d’un traitement de première ligne. Toutes les techniques ont leur place dans le traitement chirurgical des calculs : la lithotripsie extra-corporelle, la chirurgie percutanée, l’urétéroscopie flexible.
Jusqu’en 1982, les calculs du rein étaient traités par chirurgie ouverte. Le patient subissait une « lombotomie » qui est une incision de la région lombaire. Les patients avaient non seulement une cicatrice peu esthétique, mais surtout, les calculs avaient tendance à récidiver. De plus, quand ils étaient opérés de nouveau cela devenait de plus en plus compliqué et dangereux.

Tout a changé lorsque la lithotripsie (du grec ancien : λίθος, lithos, « pierre » et du latin : terere « broyer »)  extracorporelle par ondes de choc (LECOC) a été présentée en 1982. Cette méthode consistait à immerger le patient dans une baignoire puis à envoyer des ondes de choc acoustiques focalisées sur le calcul sous repérage radiologique. Pas de cicatrice et une hospitalisation d’une journée en général.
Au cours de la même période, une autre technique mini-invasive toujours employée a également été proposée pour le traitement des calculs du rein : il s’agit de la néphro-lithotomie percutanée (NLPC). Cette méthode consiste à créer un tunnel de 1cm de diamètre à travers la peau, jusqu’aux cavités rénales. Ce tunnel permet d’introduire une optique et de fragmenter le calcul jusqu’à ce que la taille des débris soit inférieure à un centimètre, afin de pouvoir les faire passer par le tunnel. Traverser la substance rénale par un tunnel de un centimètre entrainait souvent des complications hémorragiques importantes.
Au cours de la dernière décennie, deux innovations majeures ont bouleversé la prise en charge chirurgicale de la lithiase urinaire : le laser et la miniaturisation. La combinaison des deux méthodes a donné naissance à l’urétéroscopie flexible, méthode qui consiste à passer par les voies naturelles, c’est-à-dire l’uretère, et d’introduire une caméra dans le rein afin de pulvériser le calcul sous contrôle de la vue.
C’est dans ce contexte, qu’apparaît aujourd’hui la chirurgie micro-percutanée, l’aiguille «omni- voyante». Cette technique reprend le principe du tunnel à travers la peau mais elle apporte une innovation fondamentale : la taille du tunnel est minimale. C’est un laser qui permet la pulvérisation du calcul.

La chirurgie micro-percutanée : qui peut bénéficier de cette nouvelle technique ?

La chirurgie micro-percutanée vient compléter ces méthodes, elle est proposée principalement en cas d’échec des autres méthodes.
Ce qui nous rend particulièrement enthousiaste dans cette nouveauté, c’est d’être témoin et acteur d’un formidable progrès technologique. A l’heure actuelle, nous avons de moins en moins de situation d’impasse quand il est nécessaire de traiter les calculs.
Et finalement, le plus important, c’est de maitriser et pouvoir proposer toute la gamme de techniques chirurgicales aux patients, d’être en mesure d’offrir toujours ce qui est de mieux.

Service d'urologie
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